Montagne muse 

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Se rencontrer

Photographier ou peindre la montagne, c’est tenter de capter l’incapturable. Ça a d’abord été une manière d’apprivoiser ces colosses sublimes, et c’est aujourd’hui une façon d’en garder la trace. Arrêt sur images. 

Mario Colonel : plus loin que l’horizon 

Mario Colonel est l’un des photographes et reporters piliers de la presse spécialisée en montagne. Vagabond des cimes randonneur, alpiniste et skieur, il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages dans lesquels il partage quelques-uns de ses points de vue. Depuis 2007, sa galerie est son point d’ancrage : grand format et résolument tournée vers l’ailleurs, comme ses images. Ses tirages originaux en couleur ou en noir et blanc dialoguent avec ceux des grands noms de la photographie animalière et avec des sculptures d’inspiration alpine. « Ce qui m’importe, c’est d’aller toucher l’horizon. » Grâce à son travail, on regarde toujours bien plus loin que le bout de notre nez. 

Galerie Mario Colonel - 19, rue Whymper - Chamonix-Mont-Blanc 

Les Tairraz : une lignée derrière l’objectif 

Les Tairraz, ce sont quatre générations qui ont littéralement construit la mémoire visuelle du massif. Joseph pose les bases en créant le studio « Photographie alpine Tairraz » en 1857. Georges père perfectionne la technique, et Georges fils amène les objectifs en altitude. Puis arrive Pierre Tairraz, héritier discret, perfectionniste obsessionnel au style dépouillé et géométrique comme son père. Sa signature, c’est de restituer l’échelle avec des personnages minutieusement placés comme des figurants dans la montagne qui, elle, tient toujours le premier rôle. Des heures d’attente pour une lumière parfaite, pour un soleil qui frôle l’arête, pour une silhouette placée au millimètre. Chez les Tairraz, la photo est un art. La patience aussi. 

Maison Tairraz - 162, avenue Michel Croz - Chamonix-Mont-Blanc

Gabriel Loppé : le glacier comme atelier 

Au 19e, Gabriel Loppé révolutionne la peinture alpine en peignant directement sur son motif - la haute montagne, où il reste parfois plusieurs jours dans le vent et la solitude. Crevasses béantes, lacs gelés, silhouettes perdues dans l’immensité blanche : son œuvre capte la montagne vivante, mouvante et fragile. Ses tableaux, d’un réalisme presque mystique, sont visibles dans la Vallée à la Galerie Art Design où chaque peinture, photographie et sculpture est une fenêtre ouverte sur le massif du Mont-Blanc. 

Galerie Art Design - 18, impasse du Genepy - Chamonix-Mont-Blanc

Wibault : trois générations au sommet

Dans la Vallée, Marcel Wibault est une légende. Une œuvre de près de 4000 pièces, souvent peintes là-haut, au plus près et d’un seul geste, dans le froid et l'urgence. Son fils Lionel Wibault a suivi ses traces, piolet de la Compagnie des Guides de Chamonix dans une main, pinceaux d’artiste dans l’autre. Et l’histoire continue avec Emma Wibault, fille de Lionel. Architecte d’intérieur, elle a transformé une partie du chalet-atelier historique de son grand-père en une chambre d’hôtes confidentielle. À L’Alpenrose, on dort entouré des boiseries sculptées par Marcel, de son chevalet, de sa collection de petits soldats de plomb (sa première passion), et de son sac à dos plein de matériel encore prêt à partir en montagne. Une adresse immersive rare, une expérience furieusement inspirante. 

L’Alpenrose - chemin du Cé - Chamonix-Mont-Blanc